Actes Diurnes

Perspectives Assassinees

To Friends behind a Frontier


I wrote so meagrely to you. But what I couldn’t write
swelled and swelled like an old-fashioned airship
and drifted away at last through the night sky.

The letter is now at the censor’s. He lights the lamp.
In the glare my words fly up like monkeys on a grille,
rattle it, stop, and bare their teeth.

Read between the lines. We’ll meet in 200 years
when the microphones in the hotel walls are forgotten
and can at last sleep, become trilobites.


Tomas Tranströmer, translated from Swedish by Robin Fulton

Liszt - First book of songs, 6 poésies, S.531 (1843)

Nocturne



I cry to you in the night, the house
full of street sounds, we’re awake
and drunk. House, light, stillness,
women’s clothes on the floor, this is
our island life. Men stare at me

in the fruitless weather, spend
their hard money on fish and fowl.
The way into pain is quicker than
the way out of it. The village keeps
track of forbidden mysteries.

Outside in the garden a gate hides
melons in striped clothing. We
tread loudly toward the winter.
There is theatrical noise and kissing.
Love isn’t reasonable! The birds know.

I wait for summer, I want to build
churches and schools without clocks,
with windows open to wind. In spring
there is no dreaming about the sea,
we have forgotten to begin with forgiveness.

Tomas Tranströmer

Ballade

Paul Claudel, 1906.



 Nous sommes partis bien des fois déjà, mais cette fois est la bonne.
Adieu, vous tous à qui nous sommes chers, le train qui doit nous prendre n’attend pas.
 Nous avons répété cette scène bien des fois, mais cette fois-ci est la bonne.
 Pensiez-vous donc que je ne puis être séparé de vous pour de bon ? alors vous voyez que ce n’est pas le cas.
 Adieu, mère. Pourquoi pleurer comme ceux qui ont de l’espérance ?
 Les choses qui ne peuvent être autrement ne valent pas une larme de nous.
Ne savez-vous pas que je suis une ombre qui passe, vous-même ombre en transparence ?
 Nous ne reviendrons plus vers vous.


 Et nous laissons toutes les femmes derrière nous, les vraies épouses, et les autres, et les fiancées.
 C’est fini de l’embarras des femmes et des gosses, nous voilà tout seuls et légers.
 Pourtant à ce dernier moment encore, à cette heure solennelle et ombragée,
 Laisse-moi voir ton visage encore, avant que je ne sois le mort et l’étranger,
Avant que dans un petit moment je ne sois plus, laisses moi voir ton visage encore ! avant qu’il soit à un autre.
 Du moins, prends bien soin où tu seras de l’enfant, l’enfant qui nous était né de nous,
 De l’enfant qui est dans ma chair et mon âme et qui donnera le nom de père à un autre.
 Nous ne reviendrons plus vers vous.

 Adieu, amis ! Nous arrivions de trop loin pour mériter votre croyance.
 Seulement un peu d’amusement et d’effroi. Mais voici le pays jamais quitté qui est familier et rassurant.
 Il faut garder notre connaissance pour nous, comprenant, comme une chose donnée dont l’on a d’un coup la jouissance,
 L’inutilité de l’homme et le mort en celui qui se croit vivant.
 Tu demeures avec nous, certaine connaissance, possession dévorante et inutile !
 « L’art, la science, la vie libre »…, -ô frères, qu’y a-t-il entre vous et nous ?
 Laissez-moi seulement m’en aller, que ne me laissiez-vous tranquille ?
 Nous ne reviendrons plus vers vous.

ENVOI

Vous restez vous, et nous sommes à bord, et la planche entre nous est retirée. 
Il n’y a plus qu’un peu de fumée dans le ciel, vous ne nous reverrez plus avec vous.
Il n’y a plus que le soleil éternel de Dieu sur les eaux qu’Il a créées.
  Nous ne reviendrons plus vers vous.

LE BANC CREVE DE FROID

                                                      LE BLANC REVE DE LOIS

STILL SHOWS

Steel testing on
Long good mornings
We make our days
As our days make us

Cutting the rabbit
Pressing skin
Selecting gear
Tearing about

In extravagant promises
Mysterious terrors thrive
Judgement dies into scenic affects
Yellow, it still shows, it still shows through

Skinning the rabbit
Dressing the skin
Selecting an ear
Tearing about